A partir de 1910, une coopérative des producteurs oléicoles de Bonifacio souhaite louer le bâtiment, transformé en école au milieu du XIXe siècle, pour installer un pressoir mécanique. La guerre retarde le projet et la fabrique n’ouvre qu’en 1921, comme le confirme la date peinte sur le mur derrière les presses.
Le moulin à farine est installé le 26 janvier 1922, comme l’indique la date gravée sur le socle en béton. L’activité se développe et l’atelier est électrifié avec l’installation du réseau électrique de l’Extrême-Sud, entre 1927 et 1932. Au début des années 1960, l’activité cesse et le bâtiment est abandonné.
L’installation d’origine fonctionnait avec un moteur Japy alimenté par un réservoir à combustible placé à proximité sur une console métallique. Il est doté d’un conduit d’évacuation des fumées débouchant à l’extérieur du bâtiment. Le moteur entraînait, par un système d’arbre de transmission avec roues de renvoi en bois et courroies, les différentes machines de l’atelier : meules de broyage, moteur et presses hydrauliques.
L’atelier est électrifié avec la mise en place d’un compteur, d’un disjoncteur et d’un moteur « NC » en réutilisant l’ancien système de transmission qui a ainsi été conservé.
Le broyeur est constitué d’une cuve circulaire en maçonnerie (diamètre : 230 cm), enduite de ciment. La partie supérieure de la cuve est appareillée en briques creuses mécaniques. Les deux meules verticales (diamètre : 116 cm x épaisseur 30 cm) en granit sont fixées à un axe en fonte et fer actionné par un système d’engrenages du même matériau. Le moteur se compose de deux pistons, montés sur un vilebrequin entraîné par une roue de transmission.
Les trois pressoirs (2 simples et un double) disposent chacun d’une cuve mobile, avec déversoir, montée sur un vérin actionné par le moteur hydraulique.
L’ensemble du moulin à farine dispose de meules en silex provenant des meuleries de la Ferté-sous-Jouart (marque du fabricant) et dont la date d’installation est gravée sur le socle en béton : 1922 26/1. Les meules sont composées d’un assemblage de morceaux de silex coulés dans un béton de ciment et cerclés de bandages de fer. Elles reposent sur une table métallique avec système d’entraînement par le bas, composé d’un arbre de transmission et de pignons coniques d’engrenage pour actionner l’axe.
Il s’agit du seul exemple en Corse d’un ensemble pressoir complet associé à un moulin à farine. Cet ensemble renvoie à la production et la transformation de l’olive et du grain et à l’utilisation de l’énergie thermique puis de l’électricité.