Coffret dit « de l’atelier des Embriachi »

Coffret qui aurait servi à contenir les reliques de saint Boniface patron de Bonifacio (tradition orale) vers 1400-1430. Cet objet renvoie aux coffrets de mariage, offerts aux jeunes filles de la noblesse et de la riche bourgeoisie de l’Italie du Nord par le fiancé à sa future épouse. L’exemplaire de Bonifacio a été détourné de sa fonction primitive

Lieu de conservation

Municipalité de Bonifacio – Bunifaziu (Corse-du-Sud)

À savoir

Hiérarchie et date de protection

Classement au titre des Monuments Historiques le 29 avril 1960

Lieu de fabrication

Attribué à un célèbre atelier connu sous le nom conventionnel de bottega degli Embriachi. Cet atelier était actif à Florence, sans doute dès 1370-1380, puis il sera transféré à Venise où l’activité continue jusqu’en 1433 environ. Cette entreprise appartenait à un riche financier du nom de Baldassare Embriachi (Embriaco ou Obriachi). L’atelier est dirigé par un sculpteur florentin, Giovanni di Jacopo, qui deviendra tuteur des enfants de Embriachi à sa mort.

Lieu d’utilisation

Trésor de l’église paroissiale Sainte-Marie-Majeure (Bonifacio, Corse-du-Sud)

Acquisition

Indéterminé

Domaine

Histoire de l’Art (Moyen Âge)

Mots clés

Sources

  • Collectif (2015) : COLLECTIF, Restitution de l’étude d’inventaire du patrimoine mobilier des églises de Bonifacio, Collectivité de Corse, Ajaccio, 2015, 48 p.
  • Nigaglioni (2020) : NIGAGLIONI M.-E, Le coffret dit « de l’atelier des Embriachi » : un point sur le dernier état de la recherche, Les Lieux de mémoire de la Corse médiévale, Bonifacio un territoire d’exception, ville de Bonifacio, Bonifacio, 2020, p. 89-95.

Le coffret est de plan hexagonal, coiffé d’un couvercle pointu surmonté d’un pommeau polygonal et muni d’un anneau sommital en bronze. Il est réalisé en six faces plaquées d’ornements en os sculptés en bas relief. Le corps du coffret est décoré d’une frise de personnages semblant constituer un cortège de demoiselles vêtues de longues robes. Les personnages marchent dans le même sens mais ils se tournent les uns vers les autres par binômes donnant de l’animation à la scène. Derrière les demoiselles, le fond du paysage évoque des végétaux variés qui peuvent être peints (rouge ou bleu clair) ou dorés. La variabilité des vêtements et des postures rythme la scène.

Chaque angle de l’hexagone est enveloppé par une plaque d’os figurant un guerrier, armé d’une massue et d’un bouclier portant une étoile à huit branches (blason ?). Ils se déplacent à contre sens, accentuant le dynamisme du rendu. La face où se trouve la serrure a fait l’objet d’une réparation en remployant un éventail en ivoire à rehauts dorés du XVIIIe siècle.

Le couvercle est formé par six plaques d’os constituant une frise d’angelots en vol.

Plusieurs coffrets de plan hexagonal, octogonaux ou rectangulaires sont conservés dans les plus prestigieuses collections publiques européennes et américaines : Londres, Paris, Barcelone, Vienne, Rome, Turin, Pérouse.

  • Matière :

Bois, os, ivoire

  • Technique :

Marqueterie, bas relief, dorure, peinture, découpe et collage des os

  • Mesures :

27 cm de diamètre x 30 cm de hauteur