Château de la Punta – intérieur

Décorations et aménagements intérieurs du château construit par la famille Pozzo di Borgo dans les années 1890.

Commune

Alata – Alata (Corse-du-Sud)

À savoir

Propriétaire

Collectivité de Corse par la loi du 22 janvier 2002

Lieu-Dit

A Punta

Emplacement actuel

Le château de la Punta est situé sur le mont Pozzo di Borgo. Il domine un panorama exceptionnel s’étendant du golfe d’Ajaccio au golfe de Sagone avec vue sur les massifs les plus élevés de Corse dont le monte d’Oru, le monte Cintu, le monte Rotondu.

Localisation

X : 1173,842
Y : 6112,279
Z : 585 m

Hiérarchie et date de protection

Classement au titre des Monuments Historiques le 07 février 1977 (façades et toitures, pièces du rez-de-chaussée avec leur décor : vestibule, escalier, petit salon, grand salon, salle à manger et bibliothèque). Inscription au titre des Monuments Historiques le 27 juillet 1970 (terrasse correspondant aux façades)

Domaine

Architecture domestique

Mots clés

Sources

  • Paolini-Saez (2013) : PAOLINI-SAEZ H. dir., Alata des origines aux années 1900. Archéologie, patrimoine, histoire et traditions d’une commune de Corse-du-Sud, Ajaccio : Colonna éditions, 2013, 162 p.
  • www.pop.culture.gouv.fr

A partir de la façade méridionale du château, le grand escalier en fer à cheval s’ouvre sur le grand salon dont le décor fait référence à la Renaissance. Il était doté d’un dallage de marbre polychrome aujourd’hui remplacé par un parquet en chêne. Les fenêtres s’ouvrent sur une admirable vue du golfe d’Ajaccio. Le plafond est à caissons en bois polychrome qui imite celui d’un des salons du château de Lapalisse dans l’Allier. On note que les boiseries des portes et des lambris incrustés de motifs dorés, tels que le chiffre et la devise des Pozzo di Borgo, sont inspirées de celles du château d’Ecouen où Jean Bullant est intervenu. La cheminée en marbre et en pierre est de style Renaissance également. Il s’agit d’une reproduction, dans sa partie basse, de la cheminée du château de Villeroy aujourd’hui exposée au musée du Louvre. Sa partie haute, plus ancienne, comporte une frise sculptée et un médaillon. Les tentures sont un rappel de la Renaissance : elles ont été tissées à Lyon d’après un modèle du XVIe siècle. Un grand lustre fonctionnant à l’électricité orne le plafond en son centre.  Sur les murs sont accrochés des portraits de grands hommes, notamment le portrait de Napoléon Bonaparte attribué à David, auquel répond le portrait de Charles-André Pozzo di Borgo peint par Gérard. Les deux hommes qui se vouaient une admirable haine se retrouvent ainsi réunis dans la même pièce attestant la volonté de réconcilier les deux familles. Le portrait de Pascal Paoli attribué à Joseph Chabord vient compléter ce duo ainsi que le portrait vraisemblable du pape Jules III attribué à Jacopino del Conte.

Le passage du grand salon à la salle à manger se fait par une grande porte à double bat tant en chêne massif très richement sculptée qui, selon une tradition orale, proviendrait du château d’Amboise. Cette pièce est décorée dans un style médiéval comme en témoigne le plafond peint à poutres et solives. Y sont figurés, en plus du blason familial des Pozzo di Borgo, tous les blasons des familles alliées. On reconnait parmi eux les blasons des familles Colonna, Galloni d’Istria, Colonna d’Istria, Peraldi, Forioli Conti, etc.  Il s’agit pour la plupart de familles corses mais aussi des familles dont l’alliance avec les Pozzo di Borgo s’est concrétisée par des mariages. Une cheminée colossale en marbre de Carrare orne la pièce. Sur son manteau est sculpté un bas relief équestre représentant un autre illustre ancêtre de la famille : Paul-Emile, commandant des troupes pontificales en 1619. Le mobilier de la pièce est un mélange entre meubles contemporains et meubles d’antiquaires. Trois tapisseries d’aspect médiéval viennent compléter le décor. Ces éléments répondent à la mode du moment.

Il convient de signaler l’imposant vestibule décoré qui s’ouvre sur la façade nord. Le sol est en marbre polychrome et le buste du comte Charles-André Pozzo di Borgo,  représenté à la manière des empereurs romains, trône sur une console sculptée. Cette imposante sculpture, œuvre du sculpteur Benedetto Pistrucci, chef graveur de l’Hôtel des monnaies à Londres, fait face au grand escalier en pierres qui distribue l’ensemble des pièces du premier niveau et permet d’accéder aux étages des chambres.

En enfilade, se trouvent la bibliothèque de style Empire et un petit salon, ou salon Louis XV, remarquable par ses boiseries abritant des panneaux peints. Le petit salon s’ouvre sur le grand salon (cf. supra).

L’aménagement et la décoration des pièces reflètent le goût très classique de la famille. Il s’agit d’un décor raffiné dans le goût des grandes demeures bourgeoises parisiennes où de nombreux portraits, dessins ou sculptures sont représentés. On remarque aussi le culte voué à la famille Pozzo di Borgo et en particulier au comte Charles-André, alors qu’il n’y a aucun portrait du duc Jérôme et du comte Charles pourtant initiateurs de ce projet architectural. Il y a une véritable volonté de célébrer le souvenir de ce dernier et d’insister sur la gloire et les actions de la famille.

Il convient également de souligner que ce château était aussi doté du confort le plus moderne : téléphone, électricité, ancêtre du chauffage au sol.