Torra de Foce

Monument turriforme dont l'occupation principale est attribuée à l’Âge du Bronze moyen (milieu du IIe millénaire) jusqu'à l'Âge du Fer (Ier millénaire) puis l'époque romaine. Fonction attribuée à la conservation des denrées alimentaires et autres biens de valeur puis transformée en cimetière à l’époque romaine.

Commune

Argiusta-Moriccio – Arghjusta è Muricciu
(Corse-du-Sud)

À savoir

Propriétaire

Commune d’Argiusta-Moriccio

Lieu-Dit

Castellaraccia ou Castiddaraccia (tradition orale en 1958) Castelluccia (plan terrier à proximité de Li Foci) Punta di Foce (IGN)

Localisation

X : 1200,994
Y : 6099,978
Z : 465 m

Hiérarchie et date de protection

Inscription au titre des Monuments Historiques le 14 janvier 2020

Domaine

Site archéologique

Mots clés

Sources

  • Grosjean 1958 : GROSJEAN J., Balestra e Foce, deux monuments circulaires mégalithiques de la moyenne vallée du Taravo, Gallia Préhistoire, tome 1, Paris 1958, p. 1-38.
  • Paolini-Saez 2015 : PAOLINI-SAEZ H., Prospection-inventaire de la commune d’Arghjusta-Moriccio, rapport final de prospection-inventaire, Ajaccio, service régional de l’Archéologie, 88 p.
  • Tramoni 2011 : TRAMONI P., Torra de Foce/Castellu de Foce/A Castiddaraccia, Rapport final d’opération, diagnostic archéologique, INRAP Méditerranée 2011, 60 p.

Situation géographique et contexte stratégique de la Torra de Foce

La Torra de Foce occupe l’extrémité d’un petit éperon orienté nord-est/sud-ouest. Le point d’observation est avantageux et domine la vallée de Santa Lucia vers le sud. D’accès facile vers le nord-est et le nord, les flancs est, sud et ouest sont plus abrupts avec des dénivelés d’environ 100 m. Cette situation géographique est stratégique puisqu’elle surplombe l’ensemble des terrains, hormis au nord, et regarde d’autre part les premiers éléments montagneux du massif de la Punta d’Erba Rossa. Ce monument a donc été érigé à la fois pour être dans une position dominante, mais également pour se retrouver en position intermédiaire face à une topographie accidentée.

Les fouilles initiales et la découverte par Roger Grosjean

Le site a été découvert et fouillé par Roger Grosjean dès 1957. À cette période, ce type d’architecture n’avait jamais encore été identifié. Préalablement à son étude, le site a servi de carrière de matériaux (moellons de granite local) pour la construction de murets entourant les vignes voisines.

Description de l’architecture de la Torra : dimensions et plan

La Torra se signale par des dimensions notables, de plan circulaire régulier d’un diamètre de 16 m. Les parements intérieurs sont conservés sur près de 3 m de hauteur. Son plan est relativement classique présentant constantes et variantes de l’architecture torréenne. L’accès, unique, est orienté sud/sud-est. La pièce centrale (a cella), de forme subtrapézoïdale et de petite dimension (12 m²), distribue trois petites chambres aveugles (logettes ou diverticules), situées symétriquement à chaque angle de la pièce. Leur plan diffère de l’une à l’autre, mais demeure relativement géométrique.

Les logettes et la structure intérieure de la Torra

Le mode de couverture est très homogène. Il est fait de dalles disposées à plat. Les parements sont verticaux. La logette nord-ouest présente une forme coudée vers le nord, avec élargissement de la partie interne ; le fond est en abside. La logette nord présente un plan trapézoïdal très régulier. Le fond est rectiligne. Au niveau du sol de circulation, une niche basse, rectangulaire, s’ouvre dans sa partie centrale, face à l’ouverture. La logette orientale présente un plan en « L » tournée vers le nord. Le fond est formé par une paroi rectiligne. L’accès à la cella se fait par un couloir court, dans l’axe de l’entrée. Au sud-ouest, il donne sur un dégagement qui distribue latéralement deux espaces symétriquement opposés : une logette à droite et une rampe hélicoïdale à gauche qui indique l’existence d’un niveau supérieur : étage ou toit terrasse.

Découvertes archéologiques et occupation romaine

Les fouilles menées par Roger Grosjean révèlent la présence de fragments de céramiques, des éléments de parure, des objets métalliques, des broyons et percuteurs. Une occupation attribuable à l’époque romaine est à mentionner dans les niveaux supérieurs qui ont livré des ossements humains.

Les terrasses et murs de soutènement : nouvelles découvertes en 2015

A quelques mètres vers l’est, lors de prospections réalisées en 2015, il a été remarqué plusieurs terrasses constituées de murs de soutènement réalisés avec des blocs de grande taille de type cyclopéen. Ces murs semblent former des terrasses successives d’aménagement, voire de protection du monument, pouvant mesurer jusqu’à une douzaine de mètres du nord au sud. Des structures identiques ont été trouvées vers l’ouest lors de la fouille préventive de décembre 2011.